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Mon histoire, mon chemin (2)

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Mon histoire, mon chemin (2)

Episode 2 :  3 à 14 ans de la Martinique à Metz, de la cage de foot au couloir de l’athlétisme, de seule avec maman à une adoption (suite) :

« Comment vais-je ressortir de la benne ? »

« Marie ! encore un s’il te plait ! »

Je venais de balancer par-dessus la benne des imprimeries du journal le Monde de quoi faire une rentrée scolaire somptueuse entre trousse, crayon, cahier, agenda de quoi tenir jusqu ‘en 6em !  Mes copains de la cité m’avaient mis au défi de sauter dans la benne après m’avoir offert leur dos pour pyramide et ensuite je n’avais plus qu’à sauter dans ce tas de papier négligé et gaspillé sans doute !

Pas pour nous ! ensuite opération collecte de bouteille vide avec des courses en diables de chariots qui valait bien les attractions de la foire du trône de l’autre côté de la Seine et surtout bien trop chères !

La bande m’avait élue cheffe de ..moi la négresse selon l’expression de la vielle du premier étage qui bloquait l’ascenseur pour nous empêcher d’y jouer.

Pas grave, on montait et descendait les escaliers bien avant les séances de PPG de sport étude à Bar le duc 5 ans plus tard, une éternité si vite arrivée si loin en kilomètres !

Si loin des copains, encore un déménagement et hop en classe de transition sans dossier scolaire !

Ennui à …courir partout à 18h59min pour attraper le pain avant fermeture du soir en province à des lunes de la cité Gagarine, dans cet Est grand qui allait m’offrir plus qu’une piste d’envol.

Ma prof d’EPS était la seule qui ne m’avait pas cataloguée « en transition » et m’avait révélée à ma passion de courir après m’avoir obligée à sauter ! d’abord.

« Allez Marie aujourd’hui c’est saut en hauteur »

« Bof lui répondais-je pas assez haut pour moi et mes Clarks super rebondissantes »

Oui j’étais avant tout Speedy Gonzales qui n’avait même pas le temps de pousser un « Santa Tortilla !!! »

Je sautais un coup de ciseaux les 1m45 des garçons.

« Marie tu n’as pas sauté tu es passée à côté »

« Non madame j’ai sauté et je peux ressauter mais plus haut s’il vous plait ! »

Je n’allais tout de même pas refaire la même chose c’est trop ennuyeux.

Bruit de chute...du cahier de note de la prof : oui j’avais sauté les 1m55s et elle en avait lâché ses certitudes pour se ressaisir et me déclarer de façon solennelle et néanmoins émotionnelle : Bon je t’annonce que tu vas faire les acad !

Puis c’était le 80m avec une chute au départ (trop grande gigue pour déployer ses jambes) et une remontée fantastique digne d’un grand prix d’Amérique pour affoler les parieurs !

Mais il n’y avait qu’une certitude j’allais en sport étude à Bar le Duc !

Terminé l’équipe de foot féminine et la sélection en équipe de France et son stage à Vichy, je décidais de humer le tartan plutôt que la pelouse et j’enlevais mes Clarks pour des pointes qui m’aidait à mieux partir histoire de gagner du temps et surtout de se donner encore plus de sensations fortes, celles qui à 55 ans me font reprendre les séries de côtes (en descente oui la sur-vitesse c’est si bon !).

C’est cette émotion que je souhaite faire partager à tous ces jeunes et ces masters qui se disent que courir c’est juste magnifique tout comme sauter et lancer car finalement me concernant, je dois ici rendre hommage au saut en hauteur et à ma professeure d’EPS qui, se tapait 22 km aller et 22 km retour pour m’emmener à l’entraînement avant que je puisse rentrer en sport étude.

Hommage à tous les éducateurs de ces clubs qui ont usé leur voiture par tous les temps pour ces quelques secondes de pur bonheur : courir vite ! et pour longtemps mais cela, je ne le savais pas encore !

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