Veuillez activer le javascript sur cette page

Mon histoire, mon chemin (4)

img

Mon histoire, mon chemin (4)

Episode 4 : L’âge de la majorité et des choix décisifs (6 septembre 2020).

Ma vie de famille ou ma seconde vie en dehors du Sport Etude était riche en amour, partage des bons moments, les véritables instants en or comme me l’avait appris ma grand-mère maternelle : « il faut apprécier et reconnaître ces moment en or , Marie ! ». Paroles de sagesse qui sont incrustées en moi pour toujours. Alors ces moments sont bien présents et je ris encore de ma (demi) sœur qui était toujours la première à rapporter mes « bêtises » aux parents dans l’espoir de se faire « bien voir ». « Marie je vais dire aux parents que tu patines sur le l’étang gelé » (en bas de chez nous à Metz). Et crac, la glace se brise et elle se retrouve sur un ilôt seule coupée de moi et de mon demi-frère. « Marie au secours ! sauves-moi !

OK Frédérique, à condition que tu ne dises rien aux parents ! »

« Je te promets, s’il te plait ! Marie sauve-moi viens me chercher !

« Tu me promets de ne rien dire ? jures le moi ! »

« Je te le jure, viens !!!! »

Et moi de faire un sauvetage en mer de glace !

Pas mal pour une antillaise !

La famille vaut bien de prendre des risques !!

La petite ne rapporta pas et même plus, la délation était gelée, disparue dans les glaces de sa frayeur !

Un moment gelé en quelque sorte !

Mon club que je rejoignais le WE et pour les compétitions était aussi ma famille ; les interclubs mémoriaux avec le match de la montée à condition que je saute 1,50m !

Les trois jours précédents pas moyen de passer 1,40m, avec ou sans l’aide de Dick Fosbury !

La barre me toise du haut de ses 1,40m : échec à deux reprises

Impasse et je l’observe alors qu’elle se vante d’être passée à 1,50m : je m’élance sous l’œil de Monique, ma prof et entraîneur si dévouée.

Je m’élance et passe…en ciseaux ! Monique en a le souffle coupé et le club est promu !

Impasse gagnante avec la technique à l’ancienne : antienne répétition d’un geste appris de longue date : le ciseau.

Rien ne vaut les gestes appris dès le plus jeune âge !

 

J’avais 16 ans et à 18 ans je fus coupée de ma famille pour rejoindre l’INSEP et c’est ainsi que j’atteignais le rivage de la haute performance et que j’allais découvrir mon autre famille

 

France Espoir 22s94 avec les premiers titres, les premières reconnaissances j’ai le sentiment d’exister autrement que par mes espiègleries et mes révoltes adolescentes. J’ai ardemment envie d’établir des relations plus douces, moins conflictuelles avec des adultes.

Je décide de rencontrer mon père biologique qui a renoncé à moi car peut être vais-je à présent enfin l’intéresser ? J’ai peur, je me lance, je le retrouve et j’obtiens un rendez-vous gare Saint Lazare à paris. Depuis l’INSEP où je suis pensionnaire c’est simple, directe et pourtant le trajet en métro me paraît être une éternité. Je me découvre la peur au ventre, les mains moites ; comment est-il mon père ? c’est un « béké » un fils de bonne famille, riche, et surtout perché intellectuellement : avocats, médecins je le sais par mon oncle qui m’a permis de rentrer en contact avec mon père. Compliqué mais possible, de toutes les façons je n’avais pas le choix, pour vivre il me fallait renouer avec mes racines. La station de Métro est là, je sors de la rame et je monte très lentement les escaliers si lentement : j’ai 100 ans, j’ai 18 ans et je ne connais pas mon père et dans 18 minutes je vais le connaître. Brasserie Lazare Paris France. J’avance vers ce rendez-vous…

Il est là devant moi c’est lui, il se tourne il me voit où plutôt lui aussi me reconnaît. Il est beau ce monsieur qui se tient droit, visage avec un front large souligné par des yeux d’un bleu profond ! si différent, si semblable, c’est mon père mais pas mon papa. Michel Cazier tu es mon papa et tu ne sais pas que je vois mon père ! comment te le dirai-je ? n’aie crainte, tu es, tu restes mon père pour la vie et c’est moi qui serais là pour des derniers souffles de vie, et c’est toi qui m’inspireras pour servir l’athlétisme qui m’a tout donné : même le droit d’oser rencontrer ce grand bourgeois de béké qui m’abandonnée. Il m’ouvre la porte d’une voiture dont je lis le nom est Martin, Aston pas Gaston, avec un luxe de déclinaisons :

Garnitures intérieures en cuir Caithness pleines de fleurs et laine feutrée  

Revêtement de plafond en cuir avec store de toit Alcantara ®  

Moquette et tapis de sol

Coutures contrastées  

Sièges avant - Réglage électrique dans 16 directions  

Sièges ventilés (avant et arrière)  

Volant chauffant  

Volant bicolore de luxe  

Logos de siège : choix de broderie ou d'estampage cuir avec ailes Aston Martin ou logo DBX  

Tours de vitres en chrome satiné foncé brillant  

Placage : Bois ivoire piano  

J’aime les voitures, il le sent, direction bord de Seine, très loin du couscous d’Hasdine pour une vue incroyable sur Notre-Dame de Paris dans l'île de la Cité, à des milliers de kilomètres de cette île qui m’a vue naître et dont je suis partie à 3 ans sous le bras de ma mère pour le froid de Paris à 7 km de Notre Dame près du restaurant La Tour d’Argent loin de la cité Gagarine à Ivry sur Seine.

L’Argent, une pluie d’argent, une voiture tout cela en 3 heures de ma vie pour rattraper les 15 ans sans lui, promesse entre pince de crabe et pommes soufflées ! je refuse tout en bloc, ce n’est pas mon monde, Papa Michel, tu es ouvrier, Maman tu es aide-soignante et bientôt infirmière : je vous aime et je vous suis fidèle, « à la vie et la mort ».

C’est ce que je vais dire à la barre devant le juge afin de stopper net le procès que ce Père biologique intente à ma Maman pour avoir le droit de paternité sur moi.

Non moi c’est Marie Christine Cazier du nom de celui qui m’a adoptée, reconnue, élevée : Michel Cazier qui nous a quittés ce mois d’août 2020.

Rendons- lui un dernier hommage.

Et pour lui être fidèle jusqu’au ciel, je crois en la possibilité de rendre à l’athlétisme cette reconnaissance et ce droit de dire non à l’Argent, la facilité, la compromission et ce juge comprend que je reste Marie Christine Cazier. Ma vie d’adulte peut enfin commencer !

ArticlesSportCompétitionProgrammeElection

Partager